S: "Fujio, t'as pas un sparadrap ?"
F: "heu..." (il cherche dans une armoire)
S: "Sinon c'est pas grave, j'ai juste un peu mal à la tête."
mercredi 3 décembre 2014
lundi 1 décembre 2014
samedi 29 novembre 2014
mercredi 19 novembre 2014
mercredi 5 novembre 2014
Petit
script à propos de l’ennui (ou d’autre chose !), d’idée
de vie désirée et pas vraiment vécue, d'une mémoire de ce que n'y
est pas, etc :
Ceci est encore juste un
script d'un spectacle qu'on ne peut toujours pas savoir.
Il y a un homme et une
femme. Pas de texte. Encore. Des textes, c’est ce qu’il ne manque
pas. Mais cet homme et cette femme sont uniques. Et ils sont plus
subjectifs en eux-mêmes et, donc, ils ont une idée de ce qu'ils
sont. Mais pas toujours !
Et quelle idée peut une
personne avoir d'elle-même?
Si quelque chose existe,
c'est parce qu'elle diffère du fait de ne pas exister, c'est-à-dire
que cette chose-là constitue un obstacle, prend de la place,
perturbe les relations, offre une résistance ou, tout simplement,
crée une référence par rapport à tout ce qui n’y est pas, ou
qui est « autre ». Est-ce que une chose quelconque peut exister et
ne pas avoir un nom ? Objectivement, non. Mais que savons-nous ?
Pourquoi ne pas traiter ce qui n'a pas de nom ? (Beckett a écrit à
propos de ça). Prenons donc cette idée d’une objectivité qui
dépasse nos subjectivités individuelles et qui n’a pas de nom.
Alors c'est peut-être
ça : un homme et une femme et l'innommable; un vide de noms pour des
choses trop objectives pour en parler, pour nommer : un espace – un
intervalle, une histoire, un lieu ? – plein et sans nom; un enfer ?;
la rédemption ?; un désir ?; Et si c’est un désir, est un désir
de quoi ? Comment ignorer cet indicible ?
Un homme et une femme et
l'innommable que les tient unis, la seule objectivité ! Pas de passé,
pas de désir, pas de causalité, pas de psychologie, ils sont unis
pour toujours, dès toujours. Et donc, ils combattent. Ils luttent
pour surmonter la condition irréductible d'une Nature écrasante. Et
pour ça, ils s’arment de paroles et d’actions et font tout pour
être libres, pour échapper à ce qui, entre les deux et au-delà
d’eux, n'a pas de nom. Voilà une belle tension. Ils jouent leurs
astuces et malices; ils s’esquivent, ils s’aiment, ou alors ils
ressentent plutôt la surprise de se découvrir.
Et il y a d'autres choses
qu'ils ne parviennent pas, qui leurs glissent parmi les doigts. Dans
l’anonymat ils sont. Dans sa lutte, son amour, sa perdition
d’eux-mêmes, dans leurs subjectivités, dans leurs fuites, ils
sont encore plus.
Nuno.
jeudi 16 octobre 2014
premiers devoirs...
Aujourd'hui, on devait se retrouver sur
le plateau et travailler à partir de notre premier devoir : les
réponses à trois questions posées par l'autre. On devait aussi
s'apporter des images.
Aujourd'hui, Fujio a lu des choses en
japonais sur internet et j'ai soigné mon orteil cassé.
vendredi 10 octobre 2014
sculpter...
Nuno n'est pas encore arrivé mais le
travail est déjà en cours. Nous en sommes au début de la création.
Quel début ? Comment définir l'instant où la création
commence vraiment, alors même que le travail de recherche est en
cours depuis si longtemps.
Le spectacle est-il déjà là, comme
la sculpture dans le bloc de pierre ? Il s'agirait alors
d'enlever, de creuser, de faire émerger la forme juste, celle-là
même qui saurait être le parfait écho de nos voix mêlées dans le
prisme de l'acte artistique.
Aujourd'hui nous nous sommes réunis à
la salle avec Fujio.
De nos échanges, j'essaie de garder
des traces, de saisir ce que les paroles de Fujio peuvent avoir
d'insaisissable. J'essaie de ne pas perdre pied quand l'horizon
s'ouvre vers trop de possibles. J'essaie d'écouter le coeur qui bat
dans la main. J'essaie de mettre la main au service de l'instant.
J'essaie de sculpter des mots qui disent aussi le silence dans lequel
nous nous entendons.
J'essaie de trouver des chemins pour
dire je, tu. Et j'observe que nos cultures ne nous invitent pas à
tutoyer de la même manière. Je respecte les distances (ou les
traditions?) mais je force un peu la main. Je crois que j'ai envie
de voir certains morceaux de pierre voler en éclat.
C'est grave ?
Sophie.
jeudi 9 octobre 2014
sur le temps...
Pour « Yosh », nous étions
quatre à investir le terrain de jeu, à créer ensemble, à chercher
ce langage commun qui a permis de faire émerger la matière du
spectacle.
L'équipe se réduit, avec ce que cela
implique de changements.
Dans la relation au temps, dans la
relation à l'autre, dans la relation à soi qui en découle au cours
du processus créatif.
Une journée de travail dans la salle
de théâtre ne se passe pas de la même manière si nous sommes
quatre ou si nous sommes deux. Nous percevons le temps comme
démultiplié, ce qui donne à chacun un espace supplémentaire. Nous
travaillons donc à investir cet espace donné, à le nourrir, à le
transformer.
Concrètement, cela signifie par
exemple que nous prenons plus le temps de parler, d'échanger nos
questions, nos envies, nos préoccupations du moment ou de toujours.
Il s'agit moins de chercher à définir
un thème que de découvrir des espaces communs d'interrogation et de
relation au réel.
C'est ainsi, presque sans le vouloir et
au détour d'un de ces échanges, qu'a émergé récemment une
thématique qui d'emblée semble nous réunir : « l'ennui ».
Sophie.
mercredi 8 octobre 2014
réponse
L’envie d’embrasser ce projet est très naturel : comme un défi, on part pour une rencontre intime, hors des « règles du marché » ou de la vitesse qui prend compte de nos vies quotidiennes et intérieures. L’âme n’arrive jamais à aller si vite. Le théâtre non plus, c’est d’abord dans notre âme qu’il vit, et très souvent il nous chasse par sa lenteur. Donc, on m’a proposé du temps de travail d’une qualité rare, sujet/thème à découvrir ensemble, des envies particulières, des besoins artistiques très forts, et alors je me suis dis qu’il fallait plonger.
Et puis, tout ce que Sophie m'a raconté sur le Théâtre de L’EVNI et de Fujio (la vie qu’il y a dedans !), l’honneur de recevoir d’elle une telle invitation après toutes ces années qu’on se connaît, l’admiration pour son travail, la possibilité de retravailler ensemble et, donc, de se redécouvrir à soi-même dans le rapport avec l’autre, avec toutes les transformations artistiques et personnelles qu’on apporte toujours, ont renforcé ma décision.
Et là, elle est prise !
Et puis, tout ce que Sophie m'a raconté sur le Théâtre de L’EVNI et de Fujio (la vie qu’il y a dedans !), l’honneur de recevoir d’elle une telle invitation après toutes ces années qu’on se connaît, l’admiration pour son travail, la possibilité de retravailler ensemble et, donc, de se redécouvrir à soi-même dans le rapport avec l’autre, avec toutes les transformations artistiques et personnelles qu’on apporte toujours, ont renforcé ma décision.
Et là, elle est prise !
Nuno
mardi 7 octobre 2014
Sophie (…) Là, je commencerais à penser, lire et écrire pour notre spectacle. Je pense qu'on pourrait développer une voie à partir de ce qui vous êtes (toi et Fujio) en termes de différences d'âge et comme ça, on pourrait raconter une histoire (d'amour ?) qui n'a jamais eu lieu. Comme si on racontait une histoire possible entre deux personnes en tant que possibilité, comme si elle existait à l'intérieur de chacun ou dans la mémoire (inventée? réelle?) : comment est-ce qu'on construit une vie à partir de ce que la vie n'est pas ? Quel monde veut on imposer à l'autre pour pouvoir sentir qu'on vit ? (…) Et toi ?
Nuno.
pour la petite histoire...
En 2013, le Théâtre de l'Evni créait « Yosh » aux Rencontres de Théâtre Jeune Public de Huy.
Je n'étais pas sur scène, mais mon regard avait accompagné la création depuis le début.
Et avant le début, Fujio et moi avions partagé de longues heures de travail de plateau. Il s'agissait pour moi de lui faire découvrir mon approche du mouvement dansé. Nous avons beaucoup échangé lors de ces séances, découvert l'un de l'autre et appris de nous-mêmes. En est resté l'envie de partager la scène. Un élan. Un désir. L'urgence de prendre ce désir à bras-le-corps et d'y sculpter la matière d'un spectacle. Donner à voir.
Ce moment est en passe d'arriver, et pour mettre en scène ce nouveau projet, j'ai eu envie d'inviter le metteur en scène portugais Nuno Nunes.
Il a accepté. Je lui ai demandé de nous dire pourquoi.
Je n'étais pas sur scène, mais mon regard avait accompagné la création depuis le début.
Et avant le début, Fujio et moi avions partagé de longues heures de travail de plateau. Il s'agissait pour moi de lui faire découvrir mon approche du mouvement dansé. Nous avons beaucoup échangé lors de ces séances, découvert l'un de l'autre et appris de nous-mêmes. En est resté l'envie de partager la scène. Un élan. Un désir. L'urgence de prendre ce désir à bras-le-corps et d'y sculpter la matière d'un spectacle. Donner à voir.
Ce moment est en passe d'arriver, et pour mettre en scène ce nouveau projet, j'ai eu envie d'inviter le metteur en scène portugais Nuno Nunes.
Il a accepté. Je lui ai demandé de nous dire pourquoi.
Sophie.
samedi 4 octobre 2014
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